Evolution de l'association - L'ouverture : jusqu'ou aller ?

Depuis plusieurs années nos Assemblées Générales se sont inquiétées de la survie de notre Association. Le problème du recrutement a été et demeure l’une de nos préoccupations majeures. Demain, c’est-à-dire à l’occasion de notre prochain Congrès du 12 au 15 mai 1988 à Bordeaux, nos adhérents seront saisis d’un projet de modifications de nos statuts afin de permettre l’ouverture de notre Amicale à des générations plus jeunes. Lesquelles et comment? C’est à cela qu’il faut réfléchir, c’est pour cela qu’il est donné ci-après quelques éléments de réflexion.

 

1° Notre origine et nos buts : Nous les retrouverons résumés sous la plume du Général L.RIVET, notre Patron de 1936 à 1944, à la fois sur la page de nos statuts et sur celle de notre Bulletin.

J’en reproduis quelques phrases essentielles

...« Nouvelle par la densité de son titre, riche de son contenu français... Dans la chaude communauté des Anciens des Services Spéciaux, il y aura moins de souffrances et plus de joie » ...« Un passé riche de gloire et de services rendus au Pays. » Voilà les raisons de notre Association et les seules. ...« L’A.A.S.S.D.N., association de qualité qui a pris figure de groupement pilote parmi ceux voués à des buts identiques »

 

2° Nos réalisations: Nous nous sommes efforcés depuis trente-cinq ans de rester fidèles à ces affirmations de base. ...« Riches de notre contenu français » : Notre action nationale, dépouillée de toute coloration politique, a toujours défendu les intérêts et la grandeur de la France. Dans les grandes crises qui ont secoué notre Pays, nous avons soutenu ce que nous pensions conforme à l’idéal de Patrie qui a conduit tant des nôtres au sacrifice. Ainsi voulions-nous d’une façon ou d’une autre garder l’Algérie dans la France... Ainsi, plus récemment, avons-nous pris la défense des Services Spéciaux et de leurs collaborateurs dans les crises qui ont mis leur efficacité voire même leur existence en cause.

… « Un passé riche de gloire et de services rendus au Pays » Notre action morale n’a cessé de mettre en évidence cette réalité si souvent ignorée, contestée, parfois même tendancieusement déformée. Notre Mémorial de Ramatuelle est devenu le symbole national et respecté de l’histoire contemporaine des : « Services Spéciaux de la Défense Nationale. » Nos réunions nationales à Paris et en province ont fait connaître à l’opinion leur vrai visage. Des ouvrages de qualité, parfois couronnés de prix littéraires, ont largement diffusé et diffusent toujours en France et à l’étranger la Vérité sur ce que fut notre vieille Maison, ses mérites, ses réalisations et aussi ses faiblesses. Nos réactions devant les insultes, les oublis, les mensonges, s’imposent désormais à l’audience des médias, comme à celle des Français. Enfin, chaque fois que nous l’avons pu — pas assez souvent à notre gré, nous avons aidé nos camarades à faire reconnaître leurs titres et leurs mérites.

… « Moins de souffrances et plus de joie ». Notre action sociale demeure prioritaire. Nous lui consacrons l’essentiel de nos moyens financiers. En toutes circonstances, nous manifestons notre solidarité, notre présence auprès de ceux des nôtres qui sont dans la peine. A cet égard, on ne saurait trop remercier la vigilance de nos délégués et leur dévouement si désintéressé. Il reste pourtant que notre action sociale ne saurait être complète si elle négligeait l’aspect moral de notre mission. A cet égard, notre Bulletin trimestriel demeure le lien irremplaçable entre nous. Je n’oublie pas non plus le rôle humain de liaison joué en permanence avec tant de générosité et de gentillesse par nos secrétaires.

…« Groupement pilote », nous le sommes si j’en juge par les réactions amicales que suscite notre façon d’être auprès des Associations amies. Mais « groupement pilote » sous-entend l’idée que nous avons des devoirs pour l’avenir et sans doute un rôle dont il reste à définir les contours. C’est bien de cela qu’il s’agit désormais.

 

3° L’Avenir. Il est possible de l’envisager de deux façons:

a) Rester dans le statu quo, c’est-à-dire limiter rigoureusement notre recrutement à ceux qui ont appartenu aux Services Spéciaux de la Deuxième Guerre mondiale et à leurs ayant droit (enfants, parents, etc...) le Conseil d’Administration accordant quelques dérogations à cette règle. C’est sensiblement la situation actuelle. A plus ou moins long terme, elle voue notre Association à la dissolution.

b) Ouvrir notre Association aux Anciens des Services Spéciaux actuels, étant entendu que leur adhésion doit comporter l’engagement de veiller scrupuleusement au respect de notre Passé, de nos traditions et des principes de base qui ont présidé à la création de notre Association. C’est, en bref, les modifications que notre Conseil d’Administration envisage de soumettre à l’appréciation de nos adhérents

Auteur(s)
Colonel Paul Paillole
Bulletin Numéro
136
Date de publication
1987
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